Edition SEPTEMBRE 2018

George, Jacques et Henri

France

| En « Cœur de France »

Sur les pas d’une féministe, d’un grand argentier et d’un général suisse pour quelques pages d’histoire.


Aurore était son prénom. C’était une fillette alerte et vive d’esprit, née le 1er juillet 1804 à Paris, qui fut élevée par sa grand-mère au château de Nohant dans le Berry. En 1822, elle épousa Casimir Dudevant, rustre et coureur, dont elle eut deux enfants. La jeune femme s’ennuyait. Le 30 juillet 1839, elle rencontra Jules Sandeau, poète possédant des relations littéraires à Paris. L’amour les réunit et ils écrivirent, à quatre mains, « Rose et Blanche ». Le roman est signé J. Sand dans le raccourci de Sandeau. S’ensuivit « Indiana » qu’Aurore, seule auteur, signera George Sand. Une écrivaine qui défendit l'émancipation de la femme et les inégalités sociales toujours d’actualité.

 

 

 

Visiter sa maison (www.maison-george-sand.fr) à Nohant, c’est découvrir l’art de cette érudite sachant recevoir ses amis artistes. Chopin y composa les trois quarts de son œuvre et Delacroix venait avec sa palette. Le théâtre de marionnettes est une merveille. La représentation était gratuite mais il était recommandé de donner une mèche de ses cheveux pour les perruques des personnages conçus par son fils Maurice.

 

 

 

 

Toute la région vit du souvenir de George Sand. Au Château du Petit Coudray à Verneuil-sur-Igneraie (www.chateauducoudray.com), Pierre et Lydie Rauzy, propriétaires des lieux, vous raconteront la rencontre de Jules avec Aurore. 

 

 

A Gargilesse, Annick Thevenin, artiste peintre, évoquera les amours entre George et Alexandre Manceau à la Villa Algira.

 

 

De l’argent contre de l’or

 Une bonne heure de voiture et vous voici à Bourges ! La capitale du Berry se découvre en une demi-journée.

Achevée au XIII ème siècle, la cathédrale Saint-Etienne, classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, avec sa luminosité exceptionnelle, l’illusion de hauteur, l’absence de transept et son horloge astronomique dans la crypte s’impose avec grâce dans l’art gothique.

 

 

Construit de 14453 à 1451, le Palais Jacques Cœur, quant à lui, est à l’image de son propriétaire. Grandiose !

Habile commerçant aux pratiques légales ou illicites, l’homme devint très riche. Grand argentier au service de Charles VII, il prêta des sommes considérables au roi pour la reconquête du royaume de France occupé par les Anglais. La dette devint impossible à rembourser. Jacques Cœur fut accusé de crime de lèse-majesté ainsi que de l’empoisonnement d’Agnès Sorel, maîtresse du roi.

 

 

D’une salle à l’autre de cet hôtel particulier non meublé, les explications de la guide s’avèrent précieuses. Elle sait séparer le vrai de la légende romancée : l’aventurier n’était pas un alchimiste ni l’amant d’Agnès Sorel comme le laisse supposer Jean-Christophe Ruffin dans son roman « Le Grand Cœur ».

Avec Jacques Cœur, il y a beaucoup de mystères et de fantaisie. C’est ce qui fait son charme.

 

Correspondance secrète

 

 

A une cinquantaine de kilomètres à l’est de Bourges, la très jolie ville de La Charité-sur Loire, avec son prieuré fondé en 1059 par l’ordre de Cluny, joua un rôle important dans l’histoire suisse. L’épisode demeure cependant peu connu. « Le 16 juin 1940, les Allemands arrivent en remontant l’avenue Gambetta. Ils se dirigent ensuite vers la gare et saisissent alors un train dont l’un des wagons contient des documents secrets de la plus haute importance », raconte Jean-Claude André, président de l’Association des Amis de la Charité (www.lesamisdelacharitesurloire).

 

 

Il s’agit des accords militaires passés entre le général Henri Guisan et la France peu avant la Seconde Guerre mondiale. La découverte de cette correspondance prouvait que la Suisse ne respectait pas une stricte neutralité et donna aux Nazis des moyens de pression considérables.

Depuis le moyen-âge, La Charité-sur-Loire est une étape sur la route de Saint-Jacques. La légende dit que la ville a hérité son nom de la générosité des bons pères du Prieuré. C’est vrai.

 

Claude-Yves Reymond pour Lausanne-Cités

 

En pratique

Aller

 

Le carburant et les péages sont chers en France mais la voiture demeure impérative pour découvrir le Berry. Lausanne-Nohant : 480 km.

 

Dormir

 

A deux pas de Nohant, chambres d’hôtes, La Croix Verte (12 rue des maîtres sonneurs, F - 36400 Saint-Chartier, www.maisonlacroixverte.com). Accueil familial

 

A Bourges, certains trouvent que les chambres standard du Mercure Hôtel de Bourbon (bd. De la République, F – 18 000 Bourge, www.hotel-bourbon.fr) sont petites pour un 4 étoiles.

 

Manger

 

Fruits et légumes du jardin au menu du soir à La Croix Verte. Portions généreuse préparées avec soin par Elisabeth Portier. Feu vert pour ce tout compris à 25 euros.

Le restaurant Les Petits Plats du Bourbon est sis dans une ancienne abbaye adjacente au Mercure de Bourges. Salle bruyante, cuisine bistronomique à prix élevés et services de table non adaptés aux mets. A vos risques et périls.

Auberge de la Poule Noire à l’entrée du Prieuré de la Charité-sur-Loire, produits du terroir excellents, jolie terrasse en saison.

 

Se renseigner

 

Atout France

Rennweg42

8001 Zurich

044 217 46 00

www.france.fr

 

 

 

15.08.2018 14:46

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