Edition JANVIER 2018

Oberland bernois « Top of Europe »

Suisse

| Discussion vers le sommet

A bord du chemin de fer le plus haut du monde, rencontre avec Sandro Saurer, conducteur de locomotive à la Jungfraubahn.


 

« Au quotidien, je voulais vivre pleinement la montagne. J’ai donc quitté mon emploi de dessinateur de machines pour suivre une formation de cheminot, confie Sandro Saurer qui habite en plaine à 562 mètres d’altitude. Quatre fois par jour, il assure la liaison Kleine Scheidegg (2061 m) – Jungfraujoch (3454 m) et retour. « On s’habitue très vite à cette importante différence d’élévation. L’organisme produit davantage de globules rouges pour assurer le transport d’oxygène… ce qui n’est pas le cas des passagers. »

 

 En voiture !

Un coup de sifflet donne le coup d’envoi. Sandro démarre. Vitesse 26 km/h maximum et crémaillère active à l’assaut des pentes à 25%.

 

 

En « preview », avant l’extraordinaire spectacle offert sur la terrasse panoramique du Sphynx au sommet, l’arrêt de 5 à 10 minutes dans les stations intermédiaires Eigerwand et Eismeer dans le tunnel creusé au cœur de la paroi de l’Eigger permettra  de jouir d’une vue exceptionnelle et au corps de s’accoutumer à la différence d’altitude. « A chaque redépart, je vérifie bien que tous les WC soient vides, murmure, avec humour,  le contrôleur du train. On ne sait jamais : une « affaire » qui se prolonge, un vertige… »

 

Assurément

La Jungfraubahn compte parmi les exploits les plus prestigieux réalisés dans l’univers des chemins de fer de montagne. Après 16 ans de construction placée sous la conduite de l’industriel zurichois Adolf Guyer-Zeller, la ligne a été inaugurée le 1er août 1912. La galerie Alpine Touristique raconte en image cette épopée. « L’an passé, nous avons transporté 850 000 passagers, le chiffre est en augmentation. La clientèle vient d’Asie majoritairement.  Pour les jeunes mariés indiens, venir ici, c’est comme pour nous un voyage de noces à Venise. Le restaurant Bollywood de 156 places propose de la cuisine indienne, précise Sandro Saurer.  Le billet aller retour vaut 204 francs. Le coût très élevé du matériel roulant et l’entretien de la voie justifient ce prix. »

 

 

Un peu plus tard, les touristes parcoureront tranquillement le Palais de glace aux statues mouvantes à 30 m sous le glacier puis ils dérouleront lentement leur manche téléscopique à selfies pour immortaliser cette excursion inoubliable avec le Glacier d’Aletsch, le plus long fleuve de glace d’Europe avec ses 22 km, s’offrant à leux yeux.

 

 

Le passage par les boutiques Lindt, Victorinox et Tissot est, lui aussi,  obligé. Les Chinois apprécient le savoir-faire unique et l’authenticité du « Made in Switzerland ».

 

Claude-Yves Reymond

 

INFO

 

www.jungfrau.ch

 

Pratique 

  • Consulter la météo.
  • Prendre son billet de train sur Internet (www.jungfrau.ch) ou à la gare. Attention, il n’y a pas de réductions pour les titulaires des divers abonnements CFF et autres cartes Rail Europe.
  • Prévoir un pique-nique, manger au sommet ne présente guère d’ intérêt.
  • Penser à emporter une veste chaude et une crème « écran total ».
  • Vivre pleinement cette excursion d’une journée entière.
  • Et savoir qu’être un peu fatigué le soir venu est tout à fait normal.
19.04.2017 15:57

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