Edition PRINTEMPS 2019

Ischgl (Tyrol) : Trajectoire tout schuss

Autriche

| Rien que du plaisir

La septantaine alerte, Margarete et Johann Kurz, pionniers du développement de Ischgl, évoquent leur village devenu une station jet set mondialement connue en un peu plus de 50 ans.


« Le Wiener Schnitzel avec des frites pèse parfois à l’estomac, dit Margarete Kurz. Essayez 2 doigts de mon « S Bitterle », un digestif de ma fabrication avec 28 plantes que j’ai récoltées dans la montagne. Efficace ? On dit que je suis une « Kräuterhexe ».»

 

 

Cette « sorcière » bienveillante tourne les pages d’un album de photos. En 1967, elle épouse Johann Kurz et se retrouve propriétaire du Goldener Adler, une auberge datant de 1640 devenue un « boutique hotel » aujourd’hui. Le tourisme démarre : son mari sortant de l’Ecole hôtelière est plein d’idées. N’est-il pas l’initiateur des buffets petit-déjeuner à Ischgl ? Quant à elle, devenue guide spécialisée en botanique, elle organise les loisirs de ses hôtes avec des balades pour cueillir des simples. Juste quelques pétales d’arnica suffisent pour un baume calmant les courbatures. Elle fait aussi découvrir aux touristes les sentiers des contrebandiers qui, en provenance des Grisons, approvisionnaient la région en sucre, saccharine, café et tabac.

Visionnaire

A la fin de la guerre, le Tyrol est une région très pauvre. « Pour les montagnards que nous étions, confie Johann Kurz, c’était quitter notre village ou tenter l’aventure du tourisme avec tous ses risques. »

 

 

Au début des années 50, cet hôtelier fait du porte-à-porte, en compagnie d’Erwin Aloys, pour réunir les fonds nécessaires à la construction d’un téléphérique. C’est l’enthousiasme, les gens n’hésitent pas à hypothéquer leur maison. Six millions et demi de shillings sont réunis, le solde nécessaire viendra du Plan Marshall (plan de rétablissement européen) en vigueur.

 

 

Et voguent les gondoles !

La première télécabine s’élança dans les airs en 1958 « Une société anonyme avait été fondée, précise Johann Kurz, pionnier de la station. Les habitants actionnaires - ils possèdent et contrôlent encore aujourd’hui la totalité des infrastructures touristiques - décidèrent, à la quasi unanimité moins 2 voix, de ne jamais toucher de dividendes mais de réinvestir à chaque fois les bénéfices. »

 

Dans les 10 dernières années, Ischgl dépensa plus de 272 millions d’euros pour améliorer son domaine skiable de 238 km de pistes, l’un des plus grands du monde. Le dernier né, le 3S Bahn, coûta 50 millions d’euros. Il fut inauguré le 27 novembre 2014.

Cash machine

En un peu plus de 50 ans, le développement de Ischgl fut-il en permanence une trajectoire en ligne droite ? Le 23 février 1999, une avalanche particulièrement meurtrière à Galtür, village de la même commune, provoqua une sorte de point d’orgue. Le musée Alpinarium rend hommage aux 39 victimes. La volonté de respecter la nature fut alors exprimé. Tout est désormais en zone protégée. La station jet set dispose de quelque 8 000 lits mais aucune construction n’est prévue afin de pas être en surcapacité hôtelière. Certes, en été, certains établissements sont obligés de brader la nuit avec demi-pension à 50 euros par jour mais, en hiver, dans une ambiance destroy façon « Ibiza sur Neige », le rendement des bars et autres Champagnerhütten s’avère une fameuse cash machine.

La fiesta

Certains reprochent à Ischgl son côté « m’as-tu vu » avec des touristes arborant des vêtements griffés et une montre de luxe au poignet achetés dans les 50 boutiques duty free de Samnaun, en Suisse, en passant d’une piste à l’autre du domaine skiable. C’est vrai mais qu’importe ! Cette image colle si bien à l’ADN de Ischgl : le sport dans une ambiance classe et festive.

Autre innovation qui a fait la réputation de cette station : au cœur des sommets, des méga concerts réunissent plus de 18 000 amateurs en ouverture (novembre) et en fermeture de la saison de ski (début mai). Muse est programmé le 30 avril prochain.

 

Puis, le printemps et l’été raviront les randonneurs et les bikers de montagne. Les pistes du domaine skiable sont transformées en alpages bio. Cerise sur l’Apfelstrudel, l’utilisation estivale des remontées mécaniques est offerte.

 

 

Claude-Yves Reymond pour www.bluewin.ch

 

22.03.2016 16:41

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