Edition AUTOMNE 2020

L’eau thermale : Sous haute surveillance à Yverdon-les-Bains.

Thermalisme

| Rassurant

Prélèvements, analyses et désinfection permanente, parcours des installations souterraines du Centre thermal d’Yverdon-les-Bains, en compagnie d’André Wyss, chef technique.


8 personnes sur 10 ne tiennent pas compte de l’avis « Douche obligatoire » et pénètrent directement dans la piscine. Selon l’analyse du laboratoire Optibact à Wangen réalisée en janvier 2013 sous la direction de M Sakhri, chaque individu va ainsi apporter environ 35 millions de germes dans l’eau du bassin. Se laver soigneusement avec du savon aurait permis d’en éliminer les deux tiers… sans oublier les petites bouloches et autres peluches laissées par les chaussettes entre les orteils.

Ce constat est effarant mais témoigne bel et bien de la réalité. Alors ?

 

Le chlore

 

« A l’heure actuelle, il n’y a aucune ordonnance fédérale, précise Eric Raetz, responsable du contrôle des eaux au Service de la consommation et des affaires vétérinaires du Canton de Vaud. Chaque canton applique donc ses normes en usage. Les exploitants sont responsables de l’hygiène de l’eau, des bassins et des locaux. Nous venons une fois par mois, inopinément, pour effectuer des prélèvements que nous analyserons dans nos laboratoires. Et vérifier ainsi qu’il n’y a pas de soucis de santé pour la population.»

 

Au Centre thermal d’Yverdon-les-Bains, un contrôle est ainsi effectué automatiquement trois fois par jour, à une profondeur d’environ 40 cm. « La valeur de chloration est mesurée: 0,2 – 0,4 mg/l en bassin de natation et 0,7 – 1,0 mg/l en bassin chauffé à remous ainsi que celle du pH de l’eau – entre 7,0 et 7,4 – puisque l’efficacité du désinfectant est dépendante du maintien du pH, précise André Wyss, chef technique du Centre thermal d’Yverdon-les-bains. Si besoin est, un « choc » chloré peut être mis en place en cas d’une forte affluence de baigneurs. »

 

 

Une fois par semaine, les piscines sont vidangées. L’eau chlorée reposera dans d’énormes bassins sis dessous, sera déchlorée à l’aide de produits chimiques pendant 3 jours puis plus de 140 000 litres s’écouleront le long du canal du Buron en direction du lac de Neuchâtel. Le nettoyage des filtres a lieu quasiment tous les deux jours. Un processus de désinfection plus sécuritaire encore sera mis en place, dès cet été, dans ce Centre thermal.

 

 

Elimination

 

Il est intéressant de savoir que les eaux des bassins des centres thermaux, malgré une température relativement élevée favorisant la reproduction bactérienne, sont un peu moins traitées chimiquement au chlore que les piscines publiques remplies d’eau potables. La raison ? La production abondante – 100 000 litres par heure captées à une profondeur de 500 m à Yverdon-les-Bains, par exemple - des sources permet un remplacement total plus fréquent.

 La consommation de chlore du Centre thermal d’Yverdon-les-Bains est de 50 tonnes par année, sous forme d’eau de Javel concentrée à 14% alors que celle du commerce est à 2,5%. La dépense journalière des produits désinfectants est de 136 francs.

 Soumise à ce régime-là, l’eau thermale se doit de ne présenter aucun danger pour la santé. Les matières fécales avec l’Eschérichia Colie sont éliminées et les bactéries résiduelles présentes demeurent sans danger. Même si vous buvez la tasse ? Selon les normes, l’eau potable ne doit pas contenir plus de 300 germes par ml, et l’eau des piscines : 500. Le risque est ténu

 

Le hic

Reste le problème des légionelloses (légionellose pneumopathie) découvertes dans certaines stations thermales valaisanne et que l’émission « A bon entendeur » de la télévision suisse romande a mises sur la sellette. Cette bactérie, dont la présence n’est contrôlée qu’en cas de doute et par campagne, se niche dans les douches (la vôtre, peut-être également), les jacuzzis et les bassins où l’eau stagne.

 

La bactérie peut se développer sous une forme bénigne, appelée fièvre de Pontiac, analogue à un syndrome grippal. La guérison est spontanée en 2 à 5 jours. Elle représenterait 95 % des cas. Sous une forme grave, appelée légionellose, elle peut survenir chez un hôte susceptible dont les facteurs de risque identifiés à l'heure actuelle sont l'âge avancé, l’alcoolisme l'immunodépression et le tabagisme. Elle se caractérise par une infection pulmonaire aiguë pouvant entraîner le décès. A la co-direction de l'hôpital de Morges et pneumologue avec cabinet privé à Lausanne, le docteur Yves Trisconi, contacté, répondit à notre demande de précisions pour la rédaction de cet article : "Aucune disponibilité".

 

L’Office fédéral de la santé publique dans le module 14, selon la norme SIA 385/1. se veut rassurante. « Une partie de l’eau doit être quotidiennement renouvelée dans les bains à remous (la quantité dépend du nombre d’utilisateurs et de la température; au moins 75 l/personne). La quantité de Legionella spp. est cependant indépendante du nombre d’utilisateurs, de ce fait cette norme est peut-être insuffisante. EWGLI recommande que la moitié de l’eau contenue dans un bain à remous public soit journellement remplacée. L’apparition de cas de légionellose (ou d’autres maladies bactériennes) liée à l’utilisation de piscines ou bains à remous doit faire l’objet de mesures correctives immédiates. Outre le nettoyage et la désinfection, une évaluation et une mise à jour des mesures de contrôle doit être effectuée par les gérants de piscines (éventuellement à la demande expresse du médecin ou du chimiste cantonal) afin de prévenir de nouveaux cas. »

 

 

Boudu sauvé des eaux ?

Les autorités et les responsables des centres thermaux ont mis en place un système de normes d’hygiène et de santé. Les adeptes des bains thermo ludiques se doivent, eux aussi, de respecter certaines règles élémentaires : une douche bien savonnée avant et après, l’usage d’un produit prophylactique contre les verrues plantaires, l’utilisation des WC avant de plonger dans la piscine et l’abstention de rapport conclus dans l’eau lors des nocturnes festives proposées par certaines stations.

 

 

Claude-Yves Reymond pour Wellness & Santé magazine 2013

27.07.2013 16:56

Les informations de l’article ci-dessus ont été vérifiées lors de sa mise en ligne. La rédaction de partir-magazine.com ne saurait être tenue responsable pour tous changements et modifications intervenus après sa publication.

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